[Premier roman] La Semaine perpétuelle, de Laura Vazquez

Voir des autrices ou auteurs de théâtre ou de poésie investir le roman est vraiment réjouissant. Chaque genre a ses codes, certes, et on ne peut pas être bon partout, ni tout lire, ni parler de tout (y compris ici) mais on regrette que la vie littéraire soit trop souvent si cloisonnée que chaque groupe…

[Critique] Ultramarins, de Mariette Navarro

On demande de plus en plus souvent aux auteurs de « pitcher » leur livre. De dire en peu de mots ce que ça raconte, leur bouquin. Pas de comment ça parle, ni quel est le propos profond, quel est le style du livre, quel est le but de l’auteur quand il s‘ est mis à écrire,…

[Premier Roman] Grande couronne, de Salomé Kiner

Avec Grande Couronne, Salomé Kiner nous livre une chronique de la fin des années 1990 empreinte d’un sentiment picaresque. On suit avec la jeune héroïne la traversée de la banlieue parisienne, ses premières très grosses bêtises, ces hommes complètement dépourvus de sens pratique et ces femmes fatiguées : « Ils appellent ça le surmenage, c’est quand…

[Critique] Sortir les Chiens, d’Isabelle Minière

Ce qu’on attend d’un livre, c’est qu’il nous impose sa nécessité. C’est ma méthode pour reconnaître la littérature : sentir dès les première lignes l’urgence, l’importance du texte. L’importance pour l’auteur, pour le narrateur ou pour le personnage, comme vous voulez, mais peut-être plus pour l’auteur, qui a réussi à faire passer son intime conviction dans…

RésidencesMagazine : De Pure Fiction, Calvignac (Lot)

Situé au fin fond du département du Lot, cette résidence d'auteur est tenue par Isabelle Desesquelles, ancienne librairie et autrice elle-même. L’appartement est sis dans une maison de pierre entièrement rénovée, dont le confort est optimal. La famille d’Isabelle vit dans une autre maison à cinquante mètres à côté, assez proche pour être aidée, mais assez loin…

Comment écrire après eux ?

Nous vous livrons un témoignage d’un primo-romancier belgo-dano-francophone, Guillaume Sørensen. Son parcours atypique l'amène à se demander si la langue française est pour les écrivains une conquête. Ou un héritage. Et quelles conséquences cela a dans notre travail... Né d’un père danois et d’une mère française d’origine polonaise, naturalisé belge, j’ai débarqué en francophonie un…

[Critique] Le Démon de la colline aux loups, Dimitri Rouchon-Borie

Duke naît dans une famille des plus cruelles, on laisse le petit garçon en « tas », dans un « nid » qu’ils forment avec ses frères et sœurs, sans distinction de sexe, et même sans prénom - qu’il découvrira quand il finira par aller à l’école. Les parents font régner la terreur, les coups, les sévices là où…

Contre l’autofiction #2, avec Olga Tokarczuk

Notre combat ici est un combat contre la place excessive de l’autofiction dans la création littéraire. Celui-là trouve un relais de choix dans la figure du Prix Nobel de littérature 2018, l'autrice Olga Tokarczuk*. Dans son discours, intitulé Le tendre narrateur (Noir sur Blanc, 2020),  l’écrivaine polonaise, autrice de l’hilarant polar anti-chasse Sur les ossements des morts, constate l’inflation…

[ÉLOGE] Cinq raisons folles de lire ROMAN, de Vladimir Sorokine

Vladimir Sorokine (1955-pas encore mort) Plutôt que de regarder toujours à l’ouest, tropisme de coq fatigué, tourne, ô lectrice, ô lecteur, tes yeux vers le far-east et découvre, si ce n’est fait, le grand Vladimir Sorokine (la Tourmente, la Glace, le Kremlin en sucre, Soupe de cheval...) en son peut-être plus fol roman.Ça commence comme…

Contre l’autofiction #1. Le syndrome du chocolat à la moutarde

Ne nous prenez pas pour des imbéciles. L’autofiction est depuis au moins Montaigne constitutive de la littérature, et la place importante qu’elle fait à la psychologie correspond parfaitement à une forte tradition française. Ce que nous lui reprochons, ce n’est pas sa montée en puissance depuis les années 1980, qui dit parfaitement l’époque. Ce que…